Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 19:50

 

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Je ne vous ai pas tout raconté sur New York. Là, bande de coquines affamées, vous pensez que je vais enfin vous dévoiler la partie croustillante du trip. Croyez-moi vous allez rester l'estomac aussi creux qu'une blonde en interrogatoire philosophique. Ce que je ne vous ai pas dit, c'est que j'ai appris à danser le tango. Wouhou, scoop ! Non, mais c'est très important ce détail, parce que c'est en dansant que j'ai réalisé toutes les conneries que j'avais accumulées en 20 ans et des poussières allergisantes.

J'ai tout compris. En une danse.

Alors que mon prof me hurlait dessus "don't rush, don't rush" - sachant qu'il était russe, j'avais envie de lui dire que je m'adaptais (sous titre de la blague pour les non bilingues :) russ-ian ,soit russe en anglais, se prononce rush-ian ouhhh compris ?!) – j ’ai eu une illumination.

Dans le tango, l'homme est censé guider. C’est-à-dire que monsieur a le privilège de décider quand et où. Ça ne vous rappelle rien mes brebis ? Je poursuis. L'homme, encore, doit donner un certain signal, selon le mouvement qu'il a choisi, pour indiquer à la femme ce qu'elle doit faire ensuite. Même si, elle, intelligente comme d'habitude le subodore déjà, elle ne doit pas enchaîner sur le pas suivant soit avoir attendu le fameux signal. Si le garçon est un bon partenaire -hum hum- tous ces signaux sont parfaitement codifiés et intelligibles pour la femme. Car, bien sûr, les règles sont convenues à l'avance, pas entre eux particulièrement mais partagées par tous les danseurs. Ce qui explique qu'on soit supposé pouvoir danser avec n'importe qui. Toute la différence entre un bon partenaire et un mauvais résidera dans sa capacité à faire capter ses attentes plus ou moins clairement. C'est là que naît un vrai couple (de danseurs). Ils s'accordent, et se comprennent intuitivement sans confusion possible.

L'analogie devient presque évidente.  J'extrapole à ce qui nous intéresse.

Les relations homme/femme hors d'une piste de danse (là à priori, je les gère un peu). Quand on rencontre quelqu'un qui nous plaît, on entre dans cette danse assez exaltante mais très fatigante pour les neurones, nommée séduction. On attend, essaye de deviner ce qui va suivre en essayant de décrypter les signaux. C'est là où moi je fous mes talons dans la marmite. Je suis une impatiente. Quand je crois savoir ce qui vient après, j'accélère la ca-danse, je précipite les choses, j'envoie ce satané texto, je propose un verre, en gros je me dis qu'après tout ça va se passer alors que ça soit lui qui initie la prochaine étape ou moi, peu importe !

 Ce qui est bon c'est quand on est une effrayée de la souffrance et qu'on agit de même avec la rupture. Puisque ça va arriver de toutes façons autant que  le quitter tout de suite ça fera moins mal... Sans penser qu'on passe à côté de pleins de bons moments entre le début et la fin de la chanson. On préfère couper le son, ça au moins on l'a décidé. Vive les control freaks ! 

Alors, que non. Il faut parfois rendre à l'homme ce rôle de guide (j'ai envie de me pendre quand je lis ma phrase, brûlons nos soutiens gorges mes camarades ! ), les laisser un peu balancer le signal, parce qu'au final, même si ça me brise les côtes de le reconnaître c'est très agréable de se faire désirer. On ne s'en rend pas compte, mais en agissant comme ça, en nous tapant toute la route au lieu de les attendre sagement à mi-chemin, on engloutit tout le travail de charme, cette cour que l'on peut trouver superflue mais qui donne à l'autre l'impression qu'il doit se battre un minimum, pour enfin nous avoir. À croire que les hommes seraient des chasseurs finalement ! Quelle trouvaille, je suis fière de moi ! :)

Serait-ce donc vrai ce qu'on me répète depuis si longtemps et que je me suis bernée à ignorer royalement en clamant, "c'est bon, on est pas au 19ème siècle si je veux quelque chose j'ai le droit de le dire, pourquoi ça serait à lui de décider ?!!!! "en bonne rebelle de la séduction conventionnelle ? Est-il vrai que se donner sans laisser le temps à l'autre de nous avoir montré qu'il en avait vraiment envie annihile celle-ci ? Sommes-nous, nous les impulsives, les impatientes, de simples consommatrices incapables de tenir un délai de livraison ? Avons-nous tort de vouloir tout, tout de suite, lorsqu'on sent qu'on a séduit quelqu'un ?

 En gros, quand ton téléphone braille pour indiquer une petite enveloppe au bout de trois jours, et que quand tu ouvres cette enveloppe, il y a trois mots " dîner ce soir ?" alors que toi normalement tu l'aurais déjà envoyé 4 jours avant, c'est très jouissif. Que ça ne vienne pas de toi. Enfin. C'est cette douce sensation d'être enfin certaine que tu n'as rien fait, rien provoqué, contraint la volonté de personne, forcé aucune barrière. Juste suivi. En écoutant les signaux. Comme une vraie bonne danseuse.

 

 

 

PS : Actualisation 23/09 10.37 AM (après réception de messages interrogatifs de mon staff féminin)

Je n'ai dîné avec personne hier soir, ceci était un EXEMPLE. Certains faits de ce blog sont fictifs !!! (ou arrivent à une/des amie(s).) Enfin !!! :)

 

 

Par La So - Publié dans : Un kit de MANucure
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