Partager l'article ! MAN-UEL A L'USAGE DES GARCONS: Salma Hayek - énervée - par Ellen Von Unwerth Ma vie sentimentale ...
LES MALHEURS DE LA SO. UNE COMEDIE PARFOIS ROMANTIQUE.
Salma Hayek - énervée - par Ellen Von Unwerth
Ma vie sentimentale ressemblant vaguement, à intervalles réguliers, à un mix entre Kaboul et Beyrouth, j'ai décidé, après observation des péripéties de mon entourage et des miennes, d'aider les garçons. Voilà, mes petits gars, mon amour pour les listes va encore frapper. Je vais vous expliquer tout ce qu'il ne faut pas dire à une fille, pour pas que vous vous étonniez quand la magnifique créature douce se mue en une hystérique vous menaçant avec un coupe-ongles.
On est pas folles, juste certaines phrases qui, pour je ne sais quelles raisons continuent à faire fureur auprès de la gent masculine depuis 700 ans, nous hérissent particulièrement. Il faut comprendre, tout d'abord, que les filles et les garçons ont beau faire appel aux mêmes mots, inculqués à la même école, entre l'émission du message et sa réception, un mystérieux parasitage s'opère. D'où la mine penaude du garçon, qui face à un monologue indigné d'une furie à la limite de l'agression faciale à coup d'ongles manucurés - à la "Vérité si je mens" ( "Comment ??? Qu'est ce que j'apprends ???!!!!")- se demande "mais putain qu'est ce que j'ai dis moi ?! " . Alors, dans l'ordre, sûrement une de ses phrases :
- "Je ne te mérite pas". De renommée internationale, cette phrase rencontre un succès particulier auprès des garçons qui ne savent plus comment s'en sortir, et qui voudraient bien pouvoir reprocher quelque chose à leur Bien-pas-aimée mais qui ne trouvent pas. Ils veulent juste partir. Mais comme il faut toujours donner une raison à une démission sans préavis, ils pensent avoir déniché la parade en mettant la fille sur un piédestal. Mais, à peine cette phrase énoncée, nous on sent l'embrouille, parce que bon, on le sait qu'on est bien, mais faut pas nous prendre pour des buses, une chemise canon, tu l'achètes, tu la reposes jamais en disant "elle est trop bien pour moi". Donc, phrase à éviter, car on entend " je suis un gros lâche qui a juste envie de prendre ses jambes à son coup voire de les enrouler autour de la taille de quelqu'un d'autre".
- "C'est pas toi c'est moi". Alors là merci, on est au courant! Nous, on aurait jamais rompu avec nous-même déjà. Bon, ça nous énerve parce qu'on subodore le coup bas, genre , " je me décharge de ma culpabilité en te faisant passer pour une perle du Pacifique certifiée Ushuaia". On est pas complètement nées de la dernière tornade, on sait très bien que si on nous quitte c'est un peu quand même nous. Parce qu'on est pas celle que vous voulez à ce moment-là. Donc, inutile de servir ce genre de phrases paquebot, elle est franchement célèbre et banale. On pige un truc proche du "je veux plus de toi, mais j'ai pas envie de que tu me jettes ta crème anti-cellulite dans les narines, donc j'essaye L'ONU attitude".
- "C'est pas de ta faute". Encore une fois, rien ne sert de se victimiser, effectivement on va pas écrire une lettre d'insultes à nos géniteurs de ne pas nous avoir fait exactement comme vous le voudriez. Et que bon, si c'est pas de notre faute, c'est forcément de la vôtre. Et, à ce moment-là, si vous l'admettez on va commencer les problèmes. Les Vrais. Faut pas nous autoriser à vous taillader à coups d'escarpins, sinon on est tentées. Mais, personne n'empêchera une fille normalement constituée de se tortiller la mèche pendant deux heures en ce demandant, portable à l'appui et dix conseillères au bout du fil, ce qu'elle a pu foirer. Parce qu'on est top c'est connu, donc y'a bien une faille quelque part. Aucune fille ne s'endormira sereinement en ronflant joyeusement en se disant "c'est bon, il m'a dit que c'était pas de ma faute". Parce que même si c'est vrai, ça paraît tellement téléphoné en 4G cette phrase que de toutes les manières, on cherchera quand même. On y perçoit une certaine condescendance peu plaisante qui s'apparente plutôt à ça : " te prends pas la tête, ne pleure pas tous les soirs en te demandant ce que t'as fait de mal, t'es sympa et tout, mais bon en fait c'est juste que je m'en fous".
- "T'es une fille bien, tu sais." Ben, nous on le sait, mais là apparemment c'est quelqu'un d'autre qui l'ignore. Faut pas nous lancer là-dessus, parce que si on est si bien, il est où le problème? AHHH t'es mouché là. Donc, encore une fois, les gars, ce genre de phrases, on les garde pour les oraisons funèbres. Nous, ça nous ne console pas, ça nous énerve.
- "Je veux être célibataire." Bon, alors là, c'est pas l'idée qui dérange c'est la formulation. On n’a rien contre le fait que vous croyez que le couple c'est Alcatraz, et que vous ayez envie de vous enfiler des bières tous les soirs entre copains en matant les minis jupes qui passent. Après tout, la relation c'est un contrat, on a le droit de le rompre unilatéralement. Le souci, c'est que nous on entend "je veux être avec une autre", donc forcément ça nous fait un peu monter la Amora dans la paroi nasale. Ici, mieux vaut dire , “je veux être seul". Question de diplomatie, vous vous éviterez un bon nombre d'emmerdes.
- "C'est mieux comme ça." Ah bon? Parce que nous, on trouve pas ça jouissif comme idée, mais si vous insistez. On sent la pitié teintée de raison, en mode scientifique de la rupture. C'est mieux, certes, mais pour celui qui veut partir. S'en suit en général une prédiction de ce qui pourrait se passer si le couple perdurait, un scénario catastrophe qui ferait se taper une franche barre de rire à George Lucas. Tentative maladroite de rationaliser et rendre évident cette rupture qui apparaît comme une solution génialissime et providentielle. Bizarre qu'on y ai pas pensé nous-même, dis donc! Mieux vaut se lancer et dire " Si on continue, je vais être tellement un salaud que je ne pourrais plus me regarder dans la glace donc vaux mieux pour tes fesses qu'on en reste là” . Parce qu'en fait, il y a plein d'autres fesses...
- "On peut rester amis". Donc, non, pas du tout, on l'a jamais été, dans nos souvenirs. Nous, on capte ça " je m'en fous tellement, je t'aime bien brave bête, que ça me dérange pas du tout qu'on soit potes, je te présenterai ma nouvelle nana dans dix jours".Et, ça 5 minutes après une supposée blessure insurmontable. L'indifférence, c'est la douche froide. Il vaut mieux tenter "Je t'ai apprécié au-delà de la relation, quand j'aurais oublié notre histoire et toi aussi, peut-être qu'on pourrait se revoir." Parfois, mieux vaut en rajouter un peu. Des amis, on en a déjà, et qui ne nous ont pas vues nues.
- "Je te souhaite d'être heureuse, tu le mérites." Mais non!!! À part à notre anniversaire, ce genre de souhaits bienveillants sont déplacés. On est à deux doigts de répondre : "merci, mais bon si mon bonheur t'importe tu peux aussi rester et aller m'acheter une paire de Louboutin, merci bien. " Et surtout, la seule chose induite ici est un mépris latent à des fins consolatrices qui donnent l'impression d'être une mendiante perdue sur le periph. Donc, pas top finalement.
- "Je veux pas te faire de mal." On suppose oui, vu qu'on a résilié notre abonnement au club SM l'an dernier, mais pour quelqu'un qui ne veut pas c'est pas mal joué. Ce qui est merveilleux c'est de tenter sans vergogne de nous faire croire qu'on ne nous rend service en nous blessant. Magnifique feinte, mais hors-jeu, carton. Genre, "si je reste avec toi je vais te faire du mal, regarde je suis trop un mec bien, c'est limite parce que je t'aime que je te quitte". Oui, bien sûr, et sinon Domenech a été ballon d'or non ? !
- "C'est pour toi que je fais ça." Même litanie les amis, ça marche plus ça, on a compris depuis 1950 la blague. Un garçon ne fait rien pour quelqu'un d'autre que pour lui, c'est pas une asso humanitaire. S'il se casse c'est pour lui, pas pour nous. Ça va de se prendre pour un briseur de coeurs incurable, mais de là nous berner dans un déguisement d'altruiste en série… Cela suppose juste qu'il compte sur une naïveté gigantesque pour gober une vipère pareille. Normalement, il est toujours surpris de ne pas avoir en réponse à cette phrase une ovation de remerciement, surtout quand il en remet une double couche de top-coat avec le fameux "tu me remercieras plus tard". Quand ? Avant ou après la strangulation par porte-jarretelles ?
- " J'ai failli tomber amoureux." Là, j'avoue ma honte, c'est à moi qu'on l'a faite, elle date, mais elle est sublime cette phrase. D'un côté on t'explique pour te consoler que tous les éléments étaient là, mais de l'autre, un facteur inconnu a bouleversé le processus. Là, en général, enfin dans mon cas, perplexité. C'est à dire "tu l'as senti arriver et là hop, tu t'es dis non finalement non peut-être pas finalement, j'éteins le bouton ?". Parce que bon, moi je crois savoir où il se situe...
- "J'ai tout gâché". Énormité syntaxique! Les hommes sont des visionnaires, ils savent ce qui va se passer. Faudrait les consulter avant de faire les soldes voir s’ils sont aussi doués. Ils essayent de t'expliquer en balbutiant, alors que tu n'as même pas encore ébauché un geste pour les retenir, qu'au cas où tu y penserais, la décision est définitive parce qu'ils "ont tout gâché". Limite, tu peux aller chercher un fouet pour qu'ils se flagellent. On ne sait pas pourquoi mais l'idée reçue que se culpabiliser fait mieux passer la pilule subsiste. Faux, on a juste envie de vous répondre: "ben si tu as tout gâché, tu nettoies tes conneries et tu répares, à moi de juger si c'est bien fait." Mais, comme en fait, ils n'ont aucune envie de le faire, et que c'est pour ça qu'ils se travestissent en un réfugié soudanais avec une moue peinée pour qu'on s'attendrisse, s’abstenir est opportun.
- "Je suis désolé." C’est-à-dire? De quoi exactement? Les garçons semblent croire que même si la fille ne montre pas qu'elle a de la peine, elle est forcément à quatre pattes dans sa cuisine à se lacérer les cuisses en maudissant le ciel d'avoir perdu cette merveille. Quoi qu'il arrive, le postulat que la fille a désormais une vie de merde est le point de départ de cette phrase insipide. Il n'est pas désolé de vous quitter, non ça il est content, en revanche il est désolé de vous ruiner votre vie, parce que évidemment vous n'êtes rien sans lui, et surtout de devoir endosser le costume du salaud. Ah, si l'homme pouvait rompre sans risquer d'être insulté, il passerait son temps à ça. Mais, malheureusement, comme ça n'arrive que rarement, étrangement d'ailleurs, il est obligé d'être désolé. Pour lui, en fait.
En clair, mes petits lapins, il faut arrêter de vouloir être gentil. Parce que dire quelque chose de méchant en étant gentil, c'est encore plus méchant finalement. Et parce que si vous êtes gentil, la fille croit qu'en fait vous l'aimez bien. Et si vous l'aimez bien, pourquoi vous la quittez? En gros, on s'en sort pas. Une rupture réussie, c'est encore plus dur que rater une relation. J'ai rencontré des doués de la rupture, francs et sincères, qui n'ont pas eu peur d'assumer leur décision, sans chercher de prétexte. En deux jours, je les ai oubliés. Et, c'est le but non ? Qu'elle vous oublie, et vite.
ps: euh, les filles ne faites pas les innocentes, laquelle n'a pas tenté une de ses phrases aussi pour s'échapper sans problème ? Les hommes n'ont pas le monopole des phrases creuses :)
ps 2: Enfin notons, que certains hommes usant de ces formules peuvent être par ailleurs francs, en finissant par balancer le morceau peu plaisant qu'ils tentaient de camoufler maladroitement. Souvent, quand ils ont épuisé le stock d'expressions citées plus haut. En général, ça suffit pour motiver une amnésie immédiate de l'existence de l'individu en question. On s'en souviendra sous le terme de "DJ Break Up", mixant allègrement phrases horripilantes et franchise. Rassurez-vous, ce n'est pas ce n'est pas encore la définition du mec bien. C'est juste le modèle hybride.
ps 3: Actualisation 01h53 : Ma pointure c'est 37. J'apprécie en effet Louboutin, mais YSL Tribute me vont très bien. Merci .
