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LES MALHEURS DE LA SO. UNE COMEDIE PARFOIS ROMANTIQUE.
Trois valises, et je pars, avec un coeur-Mikado "restons légers !"
Hey Donzelles !!!
Je n'ai pas eu le temps d'écrire avant de m'enfuir de Paris. J'ai donc beaucoup de choses à vous raconter. Je vous ai largement exposé mon coup de coeur de l'été : New York. En rentrant à Paris, coup de tête réfléchi je prends ma valise et je m'en vais à l'aventure. Le rêve américain, yeah, yeah. On verra bien.
J'arrive ici, la tête dans les nuages, et les yeux grands ouverts. On a pas vraiment le choix. Tout est tellement éclatant que si tu fermes les yeux, tu rates forcément un truc. Voilà pourquoi on ne dort pas ici. Pour ne rien rater.
Pour vous mettre dans le bain, à peine arrivée à l'aéoroport que déjà, me voilà, pauvre petite bête démaquillée après 8
heures d'avion, escortée dans une petite salle par les autorités américaines, comme une dangereuse criminelle qui aurait volé trop de chaussures chez Barney's. Motif : on me soupçonne, moi, adorable jeune fille,
de prévoir un aller simple pour cause de tourisme affectif présumé ! Donc, j'explique qu'avec seulement trois valises, ça allait être un peu compliqué de rester plus de 3mois, ça tombe sous le
sens ! Pas convaincus les amigos en uniformes. Bon, ils me posent la fameuse question scandaleuse, qui a révolté mon instinct féministe : "come on miss, you have a boyfriend here !". Comme
si la seule raison pour une fille de venir passer un bon bout de temps (allez je vous le dis à vous peut-être que je vais me démerder avec trois valises :) ) dans un pays c'était forcément un
garçon ! Incroyable ! Vous pensez qu'ils auraient demandé ça à un homme ? Jamais! Ils lui auraient dit "Come on, you came here to find a job !" et nous find what ?! A ... *ob ? (envie de faire un
jeu de mots dans ma langue paternelle mais je n'ose pas trop vulgaire :) ) Comme si on ne s'intéressait qu'à ça... Non mais ! Bref je m'en suis sortie au bout de 30 minutes de baragouinage
anglais en m'inventant une vie affective parisienne qui donnerait la nausée à Walt Disney lui-même.
Mais, ils n'avaient pas tort. Le tourisme affectif est une bonne idée. Sauf que je ne participe pas - :) - j'observe. Un vrai petit reporter de guerre. Et, au bout d'une semaine, j'en ai appris plus qu'au bout d'un an et demi d'écriture compulsive sur ces pages roses.
Les New Yorkais sont très respectueux des règles, en amour comme ailleurs. Tu follow les rules, et ton fantaisisme parisien tu l'oublies vite. Pas de sentimentalisme à outrance, pas à lire entre les lignes, les choses sont claires. Moi, qui adore me masturber le cerveau à coup de théories tordues et de suppositions chimériques, j'ai trouvé ma thérapie.
NYC RULES
1 / C'est le garçon qui t'invite à sortir.
Toi, tu ne fais rien. Tu ne t'approches même pas de ton téléphone au risque de passer pour une fille plus facile qu'une Playmate à la retraite. Tu dois être inaccessible, limite hautaine, en aucun cas disponible tout de suite et surtout "very busy working I'm sorry". Donc, ici la fille ne propose jamais un rendez-vous. Ou alors, si elle le fait, elle peut aussi se mettre en "special sales 89% off" chez Duane Reade . Les filles sont des chômeuses en amour. "Let him do the job" ... Vive la parité !
2/ La fille n'a pas de forfait téléphonique.
Je m'explique. Pas qu'on soit sexiste chez AT&T… Mais, la fille n'appelle pas, ne relance pas, n'envoie pas le fameux texto " I spend a great time with you" après une soirée. Non, non. La fille est une princesse muette qui est censée comprendre tous les signaux. Si, il dit " thanks, I had a great time, I'll call you", délai de 3 jours expiré et pas d'appel, on oublie, il était juste poli. S'il rappelle, on a le droit de bondir de joie, mais en mute encore. En gros, ici le gars c'est Action, la fille Réaction. Chacun son rôle, et gare à celle qui se travestit le temps d'un texto. Le pauvre garçon sera déstabilisé et fuira cette audacieuse mante religieuse. Too easy, not really tizzy.
3/ "Treat them mean keep them keen".
Mantra amoureux qui signifie clairement qu'il faut traiter les garçons comme des serpillières Swifer périmées pour qu'ils soient sympas. Je ne suis pas trop partisane de cet adage, mais bon un peu comme le "fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis", il semble avoir fait ses preuves. Je vous tiens au courant, je n'ai jamais expérimenté ces jeux, je suis -hélas- un peu trop spontanée. Mais New York me soigne.
4/ Samedi soir, espoir.
C'est d'un neurochirurgien de 50 ans rencontré dans l'Upper East Side que je tiens cette hiérarchisation des "dates" en fonction du jour de la semaine. C’est dire s’il s’y connaît en cerveaux. Attention, extrêmement pointilleux et scientifique.
Samedi soir : excellent signe, le jeune homme peut en effet prévoir de passer le dimanche en votre compagnie. Youhou, sortons les cotillons.
Vendredi soir : "not so bad, it’s almost saturday" , mais ça n'est quand même pas un vrai samedi. Sur la bonne voie mais ce n'est pas le rendez-vous parfait, l'animal peut donc avoir un autre plan féminin prévu le lendemain. Ah oui, et on ne doit pas lui en tenir rigueur puisque ici le multi-dating c'est totalement légal. Mes dents grincent, mais bon la société de consommation, le jeu de la concurrence semblent avoir influencé les relations ici.
Autres jours de la semaine : alors là ça va pas du tout, le gars a probablement d'autres filles sur son schedule. Courage, fuyons. Pour le dimanche soir, je n'ai pas posé demander... C'est un peu le week-end mais le début de semaine, date hybride ?
5/ "In a relationship", the endless journey.
Pour arriver au statut "girlfriend" c'est le parcours du combattant. Pour résumer, l'étape dating peut durer mille ans, le gars compare la marchandise avec le reste disponible sur le marché, et vice-versa, sans aucune exigence d'exclusivité mutuelle. Un an comme ça, à se fréquenter sans être ensemble c'est assez courant. Il faut du temps aux gens les plus pressés du monde pour se décider et pour évaluer s'ils ont assez de sentiments, si elle /il satisfait tous les critères nécessaires, pour s'impliquer dans une relation.
Pendant le"dating" du coup, pas de jalousie possible, pas de crise d'hystérie, pas de compte à rendre et chaque jour, tu peux te faire licencier. Pas de sécurité affective. Comme au boulot : tu fais tes preuves, on garde mais un écart et on te vire.
Parce qu'ici, on ne plaisante pas avec la relationship. Une fois que c'est "officialisé" après une discussion, comme quand on a 12 ans " woud you like to be my girlfriend ? ", on s'engage, on construit, il n'y a pas de fun possible, et encore moins d'adultère envisageable. Ici, les relations c’est comme l’immobilier, ça côute cher donc en investit pas n’importe comment. So romantic !
Autant, on est bien détendus pendant la période flottante du dating, autant la relationship signifie, "je t'ai choisi, tu m'as choisi, pas de conneries". Au moins c'est clair, toutes les étapes d'évaluations ont été franchies pas de questions possibles genre "il me kiffe tu crois ?" parce que dès le moment où monsieur est ton boyfriend c'est sûr qu'il est "into you”"(dans tous les sens ! :) ) à fond les ballons. C’est-à-dire que notre coutume à nous de se croire en couple après deux semaines parce qu'on a embrassé un garçon et qu'on le voit 3 fois par semaine est inimaginable ici. No talk no couple. (et no sminth no kiss bouhhhhh je suis drôle :) !)
6/ "How many boyfriends did you have ? "
Et voilà la question piège. Moi, imbécile heureuse, chaque mec embrassé est un boyfriend (j'exagère mais bon, plus d'une soirée, je suis navrée mais chez nous c'est une relation même 2 semaines !) , ce qui donne un nombre à peu près équivalent au placard à chaussures de Blake Lively. Je balance le chiffre au gars. Il décède littéralement. Son visage se vide de son sang, on l'a perdu. Call 911 !! Je comprends pas. Il répète le chiffre hébété. Et moi, j'acquiesce, perplexe devant son étonnement. Apparemment, je venais de passer pour un kolkhoze sexuel clandestin. Là, le pauvre garçon s'explique : "did you understand my question, cause unless you began dating boys at 5 it's impossible !!!". C'est là où enfin, il me définit le terme "boyfriend". Tout s'éclaire... En effet, dans ce cas-là ... Ah ben merde... Next question please.
To be continued...
