Partager l'article ! US&C(O)UTUMES: Ma New Yorkaise du mois ...
LES MALHEURS DE LA SO. UNE COMEDIE PARFOIS ROMANTIQUE.
Ma New Yorkaise du mois, en plein shoot à Central Park. A poil mais en cuir dans le froid. Fashion Victim huh :)
Après deux mois sur le sol américain – pas littéralement, je ne suis pas affalée sur mon plancher depuis 60 jours en me réveillant de temps en temps pour pondre un article – les premières certitudes, les premiers constats, et les premières habitudes (le pire) pointent le nez.
Comme je suis hyper généreuse de la blagounette, j’ai décidé de vous updater sur l’état des lieux.
Voici donc les conclusions préliminaires (mmm) de ce coNplément d’enquête. New York Unité Spéciale, c’est moi !
Les Oreos ne font pas maigrir. Le Carrot Cake, le Cheese Cake non plus. Et l’excuse de la carotte genre c’est un légume, et le fromage des protéines, ne fonctionne pas trop au niveau des cuisses. Elles ne retiennent qu’une chose : CAKE. Dans le langage des capitons, ça se traduit par : multiplication démentielle.
Dans ma rue, des calèches passent. On serait à Casablanca, on trouverait déplorable qu’en 2010 un pauvre cheval estropié qui a mangé sa dernière pomme en 1997 traîne ses sabots en tirant une carriole bancale. Ici, non, l’animal est obèse, il trotte joyeusement dans les rues New Yorkaises, entre les taxis et limousines. Le cocher ressemble à celui de Cendrillon, on se croirait en 1896 mais tout va bien. Ah oui, et quand voir des limos à tous les coins de rues ne vous étonne même plus, inquiétez vous, vous devenez citoyenne de Manhattan.
Les gobelets de Dunkin Donuts te souhaitent « Happy Holiday ». Essayez à Paris de trouver un gobelet avec écrit autre chose que « ça fera 10 euros merci connard » :). Les fêtes c’est un sujet extrêmement sérieux et on est pointilleux. Décembre, c’est Holiday Season, entre Thanksgiving, Hanukkah, Noël et le Nouvel An, c’est la folie du cadeau. Macy’s a déjà son arbre de Noël de la taille de l’Empire, les gens courent à la recherche de cadeaux, et passent leur temps à te souhaiter des « Happy Holiday » alors que toi dans ta tête « Holiday » c’est une chanson de Madonna, et tu comprends rien à cet engouement consumériste ponctué de boulimie festive.
Le mot magique ici c’est SALES. Sample Sales, Special Sales, Blow Out Sales, tout ce que tu veux SALES. En gros, mes libellules, ça je suis sûre que vous maîtrisez à fond la trad, c’est soldes :). Et là, pas de période obligatoire, c’est l’anarchie de la réduc et l’incendie de CB en ce qui me concerne. Je vous ai déjà parlé de Black Friday, mais pour vous expliquer le délire, il y a aussi un jour spécial de soldes sur le net CyberMonday où tous les sites font subir des triples fractures du péroné à leurs prix. L’expression connexion haut débit n’a jamais eu autant de sens …
Les New Yorkaises ont un uniforme. C’est Ugg et Doudoune. Mais, pas une doudoune noire triste, vous savez la Bel Air que tout le monde a acheté l’hiver dernier à Paris, trop heureuses d’être une fashionista réchauffée avec style. Non, une doudoune ROUILLE. Ça ne serait pas drôle sinon. Je ne la tente pas, on pourrait croire que mon manteau est une extension de ma chevelure qui, selon les dires locaux, fait penser à Freckleface Strawberry (Fifi Brin d’Acier)… Je ne sais pas comment je dois le prendre. En revanche, les Ugg, ça y’est, j’ai succombé, moi la 12cm addict (je parle de chaussures, même si y a certes un rapport avec un pied, je ne fais aucun sous-entendu mes ours à la crème brûlée), je déambule de block en block les jambes fièrement plantées dans ces bottes qui me font des pieds de mammouth.
Les Américains ont un vrai problème avec Dieu. Genre en plus de le balancer dans toutes les expressions d’exagération, je vois plus trop la différence entre l’alarmisme marocain et les hyperboles américaines, faudrait creuser cette similitude, ça ferait peut-être avancer la paix dans le monde, à l’heure où je vous parle, le super (un style de concierge en plus classe) de mon immeuble est en train de construire une crèche lumineuse géante en bas de mes escaliers. Dans une heure, j’aurais le petit Jésus, Marie, et Joseph en mode boule à facettes qui trôneront au dessus de la porte extérieure de l’immeuble. Rien à foutre que je sois Marc Jacobiste, tendance Lanvisniste disciple de la secte du DanceFloor, Monsieur Esposito (mon super) suppose que tout le monde sait que Joseph n’est pas qu’une marque. Je vous ai parlé de la croix en 3D dans le hall ??
New York ne dort vraiment jamais. Au début, je croyais que l’ami Sinatra fabulait, qu’il en rajoutait un peu histoire de préserver le mythe. Mais, pas du tout, je comprends même pas pourquoi on vend des lits dans cette ville. À 3h du mat’ c’est le même boucan de mariage camerounais dans les rues qu’aux « rush hours ». Perso, j’adore, ça me dope, mais j’aimerais bien que les flics mettent leur devise « courtesy » en application et ARRETENT DE FAIRE JOUJOU AVEC LEUR SIRENE QUAND J ESSAYE DE REVER. Merci.
Les Américains (quand je dis américains, je parle de gens qui habitent ici, pas de la nationalité car croyez-moi je pourrais vous réciter le globe en fermant les yeux tellement j’ai rencontré des gens issus de pays dont je ne connaissais même pas la première lettre de la capitale) sont gentils. Vraiment gentils. Gentils, comme dans « oh merde il me manque un dollar », « c’est pas grave, tiens », d’un inconnu derrière toi dans la file à la caisse. Gentil comme dans « monsieur arrêtez vous quand le compteur sera à 8 dollars s’il vous plaît » et « mademoiselle, j’arrête rien je vous emmène jusqu’à chez vous il fait froid, vous me donnerez ce que vous avez ». Gentil comme dans « Vous pouvez me les garder jusqu’à demain, ces trois robes à -50 ? »en plein Black Friday et « Oui, bien sûr ». J’en ai des tas des exemples, et à chaque fois je me dis la même chose. « I’m blessed ». Et « God bless America ».
Y a des rats à New York. C’est pas le scoop de l’année, mais la première fois que j’ai vu un Mickey raté me lancer des regards sournois j’ai manqué la crise cardiaque. J’ai juste hurlé en bonne marocaine américanisée « OH MY GOOOOOOOOOOOODDDDDDDDDDDDDDD !!!!!!! AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH ». Voilà comment reconnaître une fausse New Yorkaise. Une vraie, sursaute à peine et dit « oh, its just a rat ». Comme si ça pouvait être pire. Un crocodile peut-être ? En revanche une chose est sûre c’est que les New Yorkais, eux, ne sont pas des rats. C’est le seul endroit au monde, où on te tend un billet de 1$ quand on te demande une cigarette, par principe. Et si tu refuses, on te regarde avec interrogation « Are you sure ? ». À Paris, on te propose 20 centimes t’es mignonne, et si tu dis non, limite, on se sauve on beuglant « j’ai trouvé le pigeon de l’année ! » .
Les garçons sont aussi bizarres ici qu’ailleurs. La supposée clarté induite par le système de dates et autres steps obligatoires anti-scénarios de romance prématurée dans nos têtes ne changent rien à l’histoire. Mais, j’ai une super conseillère rompue à l’exercice : ma colloc dont la sagesse me décontenance à chaque fois. En apprenant, qu’en plus de balancer mes gambettes toute la journée (expression imagée signifiant que je danse, aucune activité de prostitution n’est évoquée ici), j’écris des articles (pas que pour mon blog les gosses, les carrot cake faut les payer :) !) qui –parfois ahhahah- traitent des relationships, elle a débarqué avec le DVD He is not that into you , le livre Act like a lady, think like a man toute contente de participer à l’élaboration d’un travail documenté et solide. Mais, je crois que ce que je retiens, c’est une phrase qu’elle m’a dite, un samedi matin où je lui racontais ma soirée avec mon date absolument irrésistible, « Let him like you before you even like him ».
Je vais donc essayer, en plus d’arrêter de tirer des conSclusions hâtives…
Happy Holiday mes trésors à la banane ! :)
